Les Grands Prix maudits : Fernando Alonso

Publié le par Masta

Les Grands Prix maudits : Fernando Alonso

Spa-Francorchamps est reconnu comme l’un des plus beaux circuits du Monde et en tant que juge de paix, il se doit d’y consacrer les plus grands. Ce n’est donc pas un hasard que Michael Schumacher, Ayrton Senna, Jim Clark ou Juan-Manuel Fangio figurent parmi les principaux vainqueurs dans le Toboggan des Ardennes. Or si plus récemment Spa semblait être la chasse gardée de Kimi Räikkönen, qui a triomphé quatre fois en terre belge, un autre grand pilote court toujours après son premier succès ici : Fernando Alonso.

L’Espagnol a beau être reconnu aujourd’hui par une grande partie des observateurs (y compris certains de ses pairs) comme le meilleur pilote du plateau, ou tout du moins le plus complet de tous, à l’image de Prost avec Budapest et Senna avec le Grand Prix de France, Spa semble destiné à lui échapper chaque année. Pourtant, ce n’était pas faute d’essayer...

Son baptême du feu dans la forêt wallonne se déroula en 2001 sur la modeste Minardi et il fut très bref : deux tours à peine avant que sa transmission ne le lâche dans une course vite interrompue suite à l’effroyable accident de Luciano Burti sur la Prost, encastrée dans un mur de pneus à Blanchimont. La course fut relancée, mais Alonso ne pouvait pas repartir.

Absent en 2002 en tant que pilote essayeur de Renault et étant privé comme les autres de l’édition 2003 suite à l’application stricte de la loi anti-tabac à l’époque où les cigarettiers pullulaient sur les carrosseries des F1, l’Espagnol ne revint en course qu’en 2004. Troisième en qualifications grâce aux caprices de la météo locale, il occupa un temps la tête à la faveur des arrêts ravitaillements avant de sortir de la piste à cause d’une fuite huile arrosant ses pneus arrière.

Il fut plus chanceux en 2005, où, dominé par les McLaren en vitesse pure, il se contenta d’assurer les gros points, et monta sur la seconde marche du podium après l’abandon de Juan-Pablo Montoya qui s’emmêla les pinceaux avec un retardataire. Un nouvel accessit qui lui permit d’obtenir le titre mondial lors de la course suivante au Brésil. Mais les soucis financiers des organisateurs empêcheront la rénovation des stands et du paddock en temps et en heure, et par conséquent le déroulement du Grand Prix en 2006.

Spa revint pour de bon en 2007, avec de nouveaux stands et une nouvelle chicane de l’Arrêt de Bus. Alonso termina à nouveau sur le podium mais en troisième place cette fois, ne pouvant rien faire contre les Ferrari. Ceci non sans avoir tutoyé son équipier Lewis Hamilton au départ dans un contexte difficile pour McLaren, tout juste sanctionnés quelques jours plus tôt pour la fameuse affaire d’espionnage envers le rival Ferrari.

Le Taureau des Asturies retrouva une ambiance plus sereine chez Renault en 2008 où il brilla particulièrement dans le dernier tour : une averse commençait à détremper le circuit et l’Espagnol fit le choix de chausser au dernier moment les pneus pluie contre l’avis de son équipe. Son jusqu’au boutisme lui permit de doubler Robert Kubica dans la dernière chicane et Sebastian Vettel... dans la ligne droite de départ-arrivée ! Cependant Nick Heidfeld lui chipa le podium en ayant fait ce choix de pneus un tour plus tôt et Alonso se contenta de la quatrième place.

En 2009, sa Renault n’avait le potentiel que pour marquer quelques points, mais Alonso réussit à la porter au troisième rang à la faveur des arrêts aux stands avant que le sien ne s’éternise. Dans la confusion du départ à la Source, une Force India l’avait heurté à l’avant gauche, et les dégâts s’avérèrent irréversibles, le contraignant à l’abandon. Même résultat douze mois après chez Ferrari après une sortie de piste sous l’averse, non sans s’être fait harponner à la fin du premier tour par la Williams de Rubens Barrichello, qui fêtait à sa manière son 300è Grand Prix.

Il brilla en 2011 en menant un temps la course après l’intervention du Safety Car suite à l’accident de Lewis Hamilton. Hélas, sa Ferrari ne put résister ni aux Red Bull, ni à la McLaren de Jenson Button, et finit seulement quatrième, comme souvent cette année-là. Et ce n’est pas l’édition 2012 qui allait le consoler, après que Romain Grosjean soit passé à quelques centimètres de son casque, le contraignant à un abandon qui eut son importance lors du décompte final au Brésil...

Il égala son meilleur résultat en 2013 avec une deuxième place derrière un Vettel qui entamait là sa série de neuf victoires successives. La course eut le mérite d'être plus calme que celle de 2014 où l'Espagnol s'époumona derrière un Kevin Magnussen acharné à garder son adversaire derrière lui. Alonso se contenta ainsi de la septième place une fois le Danois pénalisé pour avoir dépassé la limite au moment de résister.

Heureusement pour lui, il n’est pas encore trop tard pour conjurer le sort, et nulle doute que l’Espagnol y mettra le cœur à l’ouvrage.

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