Les "Poulidor" de la Formule 1 : Jose Froilan Gonzalez

Publié le par Masta

Les "Poulidor" de la Formule 1 : Jose Froilan Gonzalez

Alors que la Formule 1 moderne impose un corps sain dans un esprit sain (autant que possible), celle des origines n'était pas aussi restrictive. Pour piloter ces baignoires sur roues, il fallait être imposant au sens propre et figuré. Jose Froilan Gonzalez, le premier pilote à avoir fait triompher une Ferrari, était de ceux-là.

En effet, on se souvient du pilote argentin pour ce Grand Prix d'Angleterre 1951 rentré dans la légende et pour sa corpulence assez imposante, même pour l’époque. Un embonpoint qui allait de paire avec un pilotage très agressif, ce qui lui vaudra les surnoms du "Taureau de la Pampa" ou "El Cabezon", autrement dit "la grosse tête" !

Après avoir couru dans son Argentine natale durant plusieurs années, Gonzalez a suivi son compatriote Juan Manuel Fangio en Europe en 1950. Après une saison inaugurale vierge de tout point sur Maserati mais de bonnes performance hors-champion, la Scuderia Ferrari le recruta pour 1951. Durant cette saison, il fut le premier à battre les Alfa Roméo (500 Miles d’Indianapolis exceptées) lors de ce fameux Grand Prix de Grande-Bretagne. Bénéficiant d’une Ferrari plus économe en carburant, Gonzalez devança à l’arrivée Fangio de 51 secondes et signa la première victoire d’une très longue série pour la marque au cheval cabré. L’Argentin lutta même pour le titre jusqu’à la dernière course, avant qu’une mauvaise stratégie pneumatiques de Ferrari ne le contraigne à se classer finalement 3ème au championnat mais à un seul point d'Alberto Ascari, qui allait écraser les deux saisons suivantes.

Gonzalez n'ajouta pas de victoire à son palmarès durant cette période mais ce n'était pas faute d'essayer avec sa Maserati. Lors du Grand Prix de France 1953, il tenta même un ravitaillement à mi-parcours afin de remonter tous ses adversaires. A un tour près, il aurait dépassé le duo Hawthorn-Fangio qui s'étaient battu comme des chiffonniers, si bien que l'on parla de "course du siècle". Hélas, un accident en voitures de sport à Lisbonne le blessera au dos, brisant ainsi son élan. S'il revint chez Ferrari en 1954, il ne put que subir la domination de la Mercedes de Fangio. Au moins, il prouva avoir gardé ses capacités avec une deuxième et dernière victoire à Silverstone et un titre de vice-champion. Il remporta la même année les 24 Heures du Mans avec Maurice Trintignant.

L’année suivante, constatant que les Mercedes allaient encore écraser la saison et ne souhaitant pas repartir en Europe, Gonzalez se retira après son Grand Prix national. Il ne fit que quelques apparitions sporadiques par la suite, généralement à domicile, où il marqua ses derniers points en 1957. Il prit part à sa dernière course en 1960 sur Ferrari, puis se retira du sport automobile. C'était le bon moment : les F1 passaient petit à petit des baignoires aux cigares et Gonzalez aurait probablement écrasé les frêles cockpits des sixities...

Il fit par la suite quelques apparitions dans les paddocks comme à Monza en 2002 et a salué par vidéo-conférence la victoire de Fernando Alonso sur Ferrari à Silverstone en 2011, 60 ans après la sienne. Un Taureau rendant hommage à un autre... Il nous a quitté en 2013 à l'âge de 90 ans, avec la satisfaction d'avoir survécu à cette époque où la sécurité était nulle et d'avoir connu une belle carrière, même dans l'ombre du Maestro Fangio.

On ne rigolait pas en Argentine...

On ne rigolait pas en Argentine...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article