17 : un sacré numéro !

Publié le par Masta

17 : un sacré numéro !

Depuis 2014, la FIA a décidé que les nombres figurant sur les monoplaces n'étaient plus attribués selon le classement du championnat des constructeurs, mais seraient choisis par les pilotes eux-mêmes pour le reste de leur carrière. Suite au décès de Jules Bianchi, la Fédération s'est empressée de retirer son numéro, le 17, du championnat en hommage au pilote français. L'ironie étant que ce numéro ait été choisi par défaut : Jules souhait le 7, le 27 ou le 77 mais ceux-ci étaient déjà sélectionnés respectivement par Kimi Räikkönen, Nico Hulkenberg et Valtteri Bottas. Ainsi, le numéro 17 a tiré sa révérence.

A défaut d'avoir acquis la même renommée que le N°27 rattaché à Gilles Villeneuve, ou le "Red Five" de Nigel Mansell, ce chiffre a fait son chemin depuis les origines : pas moins de 13 champions du Monde ont couru avec le N°17. Il convient néanmoins de nuancer ces statistiques brutes car, pour beaucoup, ce n'était que pour que une seule course.

En effet, jusque 1973, les numéros étaient distribués par le plus grand des hasards par les organisateurs. L'année suivante, ils furent attribués selon le championnat des constructeurs de 1973, à l'exception des numéros 1 et 2, le premier étant logiquement confié au champion du Monde en titre et le second à son équipier. Or la retraite de Jackie Stewart laissa Ronnie Peterson propriétaire du N°1, puisque Lotus était champion des constructeurs. Pour éviter la confusion, le N°1 ne fut pas attribué en 1993 et 1994 après les retraits des champions en titre qu'étaient Nigel Mansell et Alain Prost, d'où le numéro 0 de Damon Hill, ses équipiers ayant refusé de le porter.. Il reste le seul avec Jody Scheckter, sur une troisième McLaren en 1973, à avoir couru avec ce chiffre.

Si, à partir de 1996, on réattribua les numéros chaque année selon le même principe, pendant 21 ans, on conserva la base de 1974. Les changements n'intervenaient qu'en cas de retrait et/ou de l'arrivée d'une équipe, ou bien d'un changement de champion du Monde des pilotes. L'équipe qui ne conservait pas son titre (ou son pilote titré) récupérait les anciens numéros des nouveaux champions.

C'est par ce procédé que Ferrari, à l'origine propriétaire des numéros 11 et 12 de par sa sixième place en 1973, se retrouva avec son fameux N°27. Celui-ci était hérité de Williams qui fut titré à place de la Scuderia fin 1980. Comme aucun de ses pilotes n'obtinrent le moindre titre mondial jusqu'à ce que l'on change la procédure (le N°1 de Prost en 1990 était hérité de son titre avec McLaren), le 27 resta associé à Ferrari. Autrement dit, indirectement, la défaite participa à construire la légende de la Scuderia ! C'est pour ces mêmes raisons que Tyrrell conserva les N°3 et 4 et Ligier les N°25 et 26 pendant deux décennies là où McLaren, Lotus, Brabham et Williams changèrent de numération à l'occasion.

Le fait que le pilote ait la priorité pour le N°1 donna des situations pour le moins cocasse lorsque le champion du Monde changeait d'équipe entre deux saisons. On compte ainsi Niki Lauda en 1978 chez Brabham ou encore Nelson Piquet en 1988 chez Lotus. L'exemple le plus parlant reste l'année 1997 avec une Arrows frappée du N°1 grâce au recrutement de Damon Hill, champion du Monde 1996...

Propriété des Shadow depuis la nouvelle attribution, le N°17 passa de mains en mains suite au retrait de l'équipe américaine courant 1980, entre March, RAM, Arrows, Osella, AGS et Pacific, tant d'équipes peu gâtées par la F1, malgré des efforts louables. Le changement d'attribution à partir de 1996 faisait du huitième du championnat constructeur le propriétaire du numéro. Kimi Räikkönen, Robert Kubica, Sergio Perez, Jean-Eric Vergne et Valtteri Bottas débutèrent avec le N°17 tandis que Gianni Morbidelli, Olivier Panis, Jacques Villeneuve et Alexander Wurz conclurent leur carrière.

Cinq pilotes remportèrent une course avec ce nombre : Graham Hill aux Pays-Bas en 1962, Jim Clark en Belgique en 1965, Jean-Pierre Beltoise à Monaco en 1972 (son seul succès), Alan Jones en Autriche en 1977 (le premier de l'Australien) et Johnny Herbert sur le Nurburgring en 1999 pour son dernier triomphe et le seul de l'équipe Stewart. Jean-Pierre Jarier passa proche de les imiter en 1975 avec deux poles non-récompensées en Argentine et surtout au Brésil où il domina son monde sur une modeste Shadow, la même que Jones imposa deux ans après. Trente ans après "Godasse de Plomb", Ralf Schumacher offrit à ce nombre une dernière pole à Suzuka, lieu maudit désormais... Le dernier à avoir placé le numéro sur le podium restera Rubens Barrichello, sauvé des eaux à Silverstone en 2008.

Les derniers points furent marqués par Bianchi lui-même voici un an à Monaco...

En 1972, un autre français avec le N°17 sur une monoplace rouge et blanche réalisa un exploit à Monaco. Ironie de l'histoire : Jean-Pierre Beltoise décéda la même année que Bianchi...

En 1972, un autre français avec le N°17 sur une monoplace rouge et blanche réalisa un exploit à Monaco. Ironie de l'histoire : Jean-Pierre Beltoise décéda la même année que Bianchi...

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